Carte des découvertes des déchets de guerre en Champagne-Ardenne entre 2008 et 2011.

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Carte des découvertes des déchets de guerre en Champagne-Ardenne entre 2008 et 2011.

Message par scoubidou57 le Mer 16 Déc 2015 - 14:23

Carte des découvertes des déchets de guerre en Champagne-Ardenne entre 2008 et 2011.




2008


Février
· Chaumont (52). La bombe de 250 kg datant de la Seconde Guerre mondiale découverte le 31 janvier dans un jardin privé est évacuée de la ville et amenée dans une carrière à trois parois de Lanques-sur-Rognon. La bombe rouillée mais encore active aurait dû être détruite sur le lieu de sa découverte mais tout un quartier aurait dû alors être évacué. Le cauchemar du préfet, c’était en premier lieu l’évacuation indispensable de la prison. Au final, l’option carrière a été choisie associée à un autre risque, celui du transport hors de la ville. Les gendarmes sont sur le pied de guerre. La bombe est chargée dans un camion à 9h du matin. Sa progression est surveillée depuis un hélicoptère. Un périmètre de sécurité de 800 m est établi autour de la carrière. A l’arrivée, elle est recouverte de sable puis pétardée sous la surveillance du binôme des démineurs. L’explosion a lieu à 11h45. La déflagration est entendue à plusieurs kilomètres à la ronde. Un nuage de poussières monte de la carrière. En mai 1944, Chaumont a été submergée par deux vagues de bombes américaines. 30 morts. Pendant les alertes les chaumontais se réfugient dans les caves et les jardins publics. Le Journal de la Haute-Marne rapporte les souvenirs de Renée, 22 ans, de Paulette 6 ans et de Liliane 14 ans à l’époque : « je me souviens de la peur et des éclats de bombes encore chauds qui passaient au-dessus de nos têtes ». « J’étais avec maman, nous nous sommes mises à plat ventre, j’avais la tête dans les orties ». « J’ai fait beaucoup de cauchemars, avec le temps on finit par l’accepter ». « Avec les enfants, lorsqu’on passe à un endroit bombardé, ils me disent c’est bien ici maman ? ».

Avril
· Nouzonville (08). Il découvre dans le conteneur à ferrailles d’une entreprise un obus qui après vérification des spécialistes est considéré comme totalement inoffensif.

Juin
· Givet (08). Quatre masses suspectes sont repérées à 3 m de profondeur dans la Meuse alors que des plongeurs travaillent à la consolidation du pont des Américains et que des aménagements du lit de la Meuse sont en cours pour lutter contre les inondations. Ce sont des obus de la Seconde Guerre mondiale mesurant 20 cm de diamètre et 30 à 40 cm de long. Les munitions doivent être évacuées et des recherches entreprises pour vérifier si d’autres engins ne dorment pas dans le lit de la Meuse. A noter que le pont a été détruit pendant la Seconde Guerre mondiale et reconstruit.

2009


Février
· Blanzy-la-Salonnaise (08). Un conducteur d’engin trouve un obus alors qu’il déblayait du sable dans une carrière. En mettant un coup de pelle dessus il a compris qu’il ne s’agissait pas de glaise mais d’un obus ; un obus allemand de 10 cm datant de la Première Guerre mondiale. Les pompiers mettent en place un périmètre de sécurité. Les démineurs de Châlons évacuent l’engin après avoir envisagé de le faire exploser in situ. « En 2008, nous avons réalisé 70 interventions et récupéré 30 t de munitions dans la région, principalement dans la Marne et les Ardennes ». « Dans le nord des Ardennes on trouve du 39-45 et dans le sud c’est plutôt du 14-18 ».

Avril
· Charleville-Mézières (08). Un obus allemand de la Seconde Guerre mondiale est mis au jour par des jardiniers qui retournent la terre près du parking du cinéma du centre-ville. Un périmètre de sécurité est mis en place sur un diamètre de 50 m jusqu’à l’intervention des démineurs ; le complexe cinématographique est évacué. Les démineurs récupèrent la munition de 7,7 cm de diamètre pour 20 cm de long et l’emmènent. Les jeunes caloromacériens sont privés de cinéma ce mercredi. La munition était encore en état de marche.

· Reims (51). Un grutier qui effectue des travaux de terrassement heurte un obus avec le godet de la pelleteuse. « Heureusement que je l’ai touché en plein milieu, si j’avais touché le détonateur, je ne serai sans doute plus là pour vous montrer la bête ». Une bête exceptionnelle en effet qui dépasse les 1,20 m de long et doit approcher les 100 kg. Un vestige des bombardements de Reims au printemps 1944 et une occasion de se souvenir de l’évacuation en 2001 du village de Châtelet-sur-Retourne entre Reims et Charleville-Mézières où les démineurs sont venus de toute la France pour collecter et emporter 8.000 obus allemands soigneusement rangés et enterrés à la fin de la Grande Guerre. Le service de déminage doit procéder à l’enlèvement où à la neutralisation dans la matinée. En attendant, l’obus est recouvert de terre.

Octobre
· Montcy-Notre-Dame (08). Gardien de déchetterie n’est pas un métier de tout repos. Celui-ci découvre un obus de mortier dans la benne à métaux. Les démineurs interviennent dès le lendemain et constatent que la munition est déjà désamorcée. Toutefois, il faut rappeler qu’un tel déchet provenant sans doute d’un nettoyage de cave ne se recycle pas et que dans ces cas-là les consignes de tri ne doivent pas être respectées. Introduit par inadvertance dans le four d’une fonderie pour une deuxième fusion, il aurait provoqué une explosion.

Novembre
· Chaumont (52). Pendant des travaux d’enfouissement de câbles destinés à l’alimentation électrique d’une nouvelle ZAC, un obus antichar allemand de calibre 8,8 cm et une grenade à fusil antichar allemand sont mis au jour. Ces munitions datent de la Seconde Guerre mondiale. A cette époque et dans la zone, une colonne de militaires allemands a été mitraillée par un char. Les démineurs du centre de Colmar récupèrent les munitions et les emmènent pour destruction. D’après eux, c’est la grenade qui est la plus dangereuse car elle n’a pas besoin d’un grand choc pour exploser : « nous sillonnons 6 départements de l’Est et on récupère des munitions de 14-18, 39-45 mais aussi de la guerre de 1870 et même des boulets de l’époque napoléonienne ». Avant de partir ils rappellent la consigne : ne pas toucher, prévenir, camoufler, ne pas ébruiter.

2010


Mai
· Matougues (51). Il jardine et il dérange avec une pelle un obus chimique allemand datant probablement de la Première Guerre mondiale. Du gaz s’échappe. Un périmètre de sécurité est mis en place et les maisons voisines sont évacuées. La grande rue est bloquée. Les démineurs récupèrent la munition et l’emportent à Suippes. Le découvreur lui, est conduit à l’hôpital. Selon la gendarmerie ses jours ne sont pas en danger. Il s’agit d’une munition chimique mais le gaz n’a pas atteint une concentration mortelle. Les 25 pompiers venus de Châlons, d’Epernay et de Reims sont soumis à une douche de décontamination et astreints à un changement de vêtements.

Juin
· Saint-Brice-Courcelles (51). Alors qu’ils creusent une tranchée sur le chantier d’extension d’un centre commercial, des ouvriers mettent au jour un obus de la Première Guerre mondiale. Après avoir reçu des photos, les démineurs ne considèrent pas que la munition longue de 40 cm sur 10 représente un danger immédiat et n’ordonne donc pas l’évacuation du centre commercial. Un périmètre de sécurité est tout de même établi et la surveillance des lieux maintenue jusqu’à l’intervention des démineurs.

Août
· Tramery (51). Un habitant de Tramery signale la présence d’un obus identifié comme étant de la Première Guerre mondiale et mesurant 40 cm de long. Il a été mis au jour dans le cadre d’une opération de chasse…aux escargots L’obus a été découvert sur un lieu de promenade fréquenté par les gamins du village. Conformément aux instructions, il est balisé. « J’ai peur qu’un enfant le tape du pied, le tripote ou y mette le feu ». 8 jours après la découverte, les démineurs ne sont toujours pas intervenus.

Octobre
· Olizy-Primat (08). Pendant une opération de contrôle de la gendarmerie, un obus d’une trentaine de centimètres de long est repéré sur la banquette arrière de la voiture. Le vouzinois dit l’avoir trouvé pendant qu’il cherchait des châtaignes dans le bois du parc de loisirs Nocturnia. Les gendarmes établissent un périmètre de sécurité autour du véhicule vidé de son chauffeur et de son chien. Les démineurs interviennent 3 heures plus tard. Ils récupèrent cette munition qui date de la Seconde Guerre mondiale et qui pourrait encore contenir du gaz. Les plus hautes autorités de gendarmerie des Ardennes lancent à cette occasion et en cette saison de beau temps propice un appel aux jardiniers, aux cueilleurs de champignons et aux ramasseurs de châtaignes : « si vous trouvez un objet suspect, il ne faut pas le ramasser, ni le déplacer, il faut en revanche prévenir les forces de police et de gendarmerie au 17 et matérialiser le lieu de la découverte ».

· Remilly-Aillicourt (08). Un obus d’artillerie allemand datant de la Première Guerre mondiale est mis au jour pendant des travaux de voirie. Il mesure 21 cm de long et pèse 70 kg. Les démineurs l’emmènent expliquant que la munition après avoir été tirée a eu des problèmes de fusée qui ont empêché son explosion et par la même évité la destruction des habitations dans un rayon de 400 m.

2011


Février
· Bétheniville (51). Les démineurs sont à la recherche d’une bombe larguée sur la commune par des avions anglais en 1943. 2 bombes ont explosé mais pas la troisième. Les troupes allemandes stationnées dans le village ont demandé à un agriculteur de l’enfouir dans un champ. Le fils de cet agriculteur souhaite aujourd’hui sécuriser le terrain qui pourrait être viabilisé et constructible dans quelques années. Après plusieurs jours de recherche, les démineurs n’ont pas trouvé la munition, ils ont seulement décelé à 1,5 m de profondeur des structures en béton qui pourraient être des casemates datant de la guerre 14-18.

· Pontfaverger-Moronvilliers (51). Un obus est découvert sur un terrain militaire à proximité du Centre d’Expérimentation Atomique. Ca sera la 15° intervention de l’année pour le Nedex (Neutralisation Enlèvement, Destruction d’engins Explosifs). Le Nedex a récupéré 8 t de munitions en 2010. Il intervient exclusivement sur les terrains militaires dans les 8 départements où il a compétence. Il s’agissait pour cette fois d’une dizaine de grenades et bombes de tranchée. Le camp de Pontfaverger-Moronvilliers couvre 7.000 hectares sinistrés par les combats de la Grande Guerre de 14-18. Les démineurs ont transporté les munitions dans un fourneau, c’est à dire une cavité creusée dans le sol. Ils les ont ensuite brossées et identifiées une par une. Quand ils ont été sûrs de ne pas avoir de munitions chimiques dans le lot, la décision a été prise de les faire exploser sur place avec un dispositif électrique disposé à 1 km et après les avoir recouvertes de terre. Le camp est à proximité de Brimont, de Saint-Martin l’Heureux et du Mont Sans Nom où des projecteurs d’obus chimiques Livens étaient concentrés

· Revin (08). Des adolescents aperçoivent sur une berge un obus de la Seconde Guerre mondiale de 81 mm de diamètre. La munition est évacuée par les démineurs de La Veuve. Selon toute vraisemblance, la crue de la Meuse serait à l’origine de l’érosion des berges et de la réapparition de l’engin.

· Saint-Dizier (52). Un obus allemand datant de la Première Guerre mondiale, de calibre 7,7 cm, est découvert lors de travaux de travaux de jardinage dans le nouveau collège de Saint-Dizier. Pendant que les démineurs neutralisent la munition, les 300 élèves sont confinés dans le gymnase du collège pendant la délicate opération. Rapidement informés par les élèves grâce aux téléphones portables, des parents sont venus s’amasser devant les grilles de l’établissement, ce qui a compliqué les mesures de protection et de mise en sécurité. Malgré l’intervention du proviseur, certains parents ont paniqué et une mère a forcé le passage pour récupérer un enfant. Elle a été maîtrisée et rappelée à la raison par un policier. Il semble que l’obus ait été apporté dans le collège peu avant son ouverture par un paysagiste dans les terres d’aménagement d’un patio décoratif.

Avril
· Reims (51). Deux démineurs sont intervenus dans les caves du palais des archevêques de Reims, le palais du Tau, pour identifier et attester de l’innocuité d'un obus allemand de 400 kilos datant de Première Guerre mondiale. Il a été retrouvé dans les réserves du musée aujourd’hui installé dans le palais. Il s’agit d’un obus de rupture allemand. Ces obus étaient utilisés pour percer les blindages, détruire les ouvrages publics. En l’espèce ils visaient la cathédrale de Reims. Après une évacuation des employés et du public et que les démineurs aient vérifié que l’obus ne contenait plus de substance explosive, celui-ci a été laissé aux bons soins des administrateurs du musée. Il doit être montré dans le cadre de l’exposition consacrée aux destructions infligées à la cathédrale.

· Rumigny (08). Des ouvriers agricoles découvrent 2 obus. Inconscients du danger que représente une telle découverte, ils transportent les munitions jusqu’au bois voisin. Le propriétaire de ce bois est quant à lui conscient du danger ; il alerte les services de la sécurité civile. Le site où ont été découverts les engins est sondé et au bout d’une journée de recherches, c’est une nichée de 30 obus datant de la Première Guerre mondiale qui est retrouvée. Les munitions en bon état sont de différents calibres et sont chargées de différentes façons : gaz, lacrymogènes, explosifs. Elles sont évacuées vers le camp de Suippes pour destruction ultérieure.

Mai
· Sorbon (08). Sur le chantier de construction d’une maison, une pelleteuse tape une munition. Une fumée blanche s’en échappe. Les ouvriers sont évacués et un périmètre de sécurité est mis en place. Dans un premier temps la munition est identifiée comme un obus alors qu’en réalité il s’agit d’une bombe incendiaire anglaise de la Seconde Guerre mondiale. Elle est donc beaucoup plus dangereuse que prévu. Elle mesure 83 cm de long pour 12 cm de diamètre. Si elle avait explosé, elle aurait creusé un cratère d’un rayon de 5 m et allumé des incendies alentour.

Août
· Asfeld (08). L’Asfeldois confirme sa réputation de champ de bataille. 80 grenades de la Première Guerre mondiale sont retrouvées par un promeneur en contrebas d'un chemin, à la sortie de la ville, près de la chapelle. Les munitions étaient presque toutes vides, sauf deux ou trois dans lesquelles il restait un peu d'explosif. Le binôme des démineurs intervient. Pourquoi étaient-elles là ? Trois hypothèses sont envisagées :

- pendant la guerre, elles auraient été déposées par des soldats français peu rassurés par l’instabilité de ces grenades à main Citron-Foug mortelles dans un rayon de 50 m ;
- à la fin de la guerre, elles auraient été abandonnées au bord du chemin ;
- après la guerre, elles auraient été découvertes dans un champ voisin par un agriculteur puis regroupées et peut-être oubliées.


Grenade Citron-Foug. Musée de l’Infanterie.
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